Position Description

Consultant en évaluation finale
Location Various
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Nom du projet : Libertéd’expression@cd

Bailleur de fond : Commission Européenne (EIDHR)

Durée de la mise en œuvre : 1er janvier 2018– 31 Décembre 2021 (36 mois)

Partenaires du projet : INTERNEWS Europe ; L'Association Congolaise pour l'Accès à la Justice (ACAJ) ; LLAB ; Association des médias en ligne (MILRDC) ; Lumumba lab (LLAB)

Pays ou région(s) cible(s) : République Démocratique du Congo

Bénéficiaires finaux et/ou groupes cibles : Médias congolais, journalistes, professeurs et étudiants en journalisme, Universités et écoles en journalisme, Organisations de défense des Droits de l’Homme, défenseurs des droits de l’homme, etc ;

  1. Contexte initial du projet

En République démocratique du Congo, les libertés publiques, notamment les libertés d’expression et de presse, font l’objet de restrictions grandissantes depuis 2015. Ces restrictions sont liées aux blocages politiques liés au processus électoral en cours. Au 31 août 2017, Journalistes en Danger (JED), la principale organisation congolaise de défense de la liberté de presse en RDC, a enregistré 109 cas d’attaques contre les journalistes, contre un total de 81 de janvier à décembre 2016.  Dans les provinces du Kasaï et du Kasaï Central, les menaces contre les journalistes sont telles qu’il est à présent difficile de monitorer les cas d’attaques. En effet, un grand nombre de journalistes font état de menaces aux organisations de défense de la liberté de presse et des droits humains en demandant la discrétion par peur de représailles par membres des groupes armées ou des forces de sécurité. Les organisations de défense des journalistes et de défense des droits de l’Homme délocalisent les journalistes sur Kinshasa ou fournissent des équipements lors que ceux-ci ont été subtilisés ou détruits.

JED publie des alertes ou des descriptions d’attaques contre les médias après avoir documentés les cas d’attaques dans le but d’alerter l’opinion et d’offrir un service de protection et de protection légale. Dans le cas du conflit dans les Kasaï, les organisations de défense des droits de l’Homme peuvent faire ce travail de collecte et de vérification de façon complète, car les membres d’organisations de la société civile ou les journalistes qui sont victimes de ces attaques, refusent de signaler ou de donner les informations de peur d’être victimes de représailles de la part des belligérants si ces informations sont publiées.

Par ailleurs, le blocage du processus électoral et l’absence de consensus politique autour de l’organisation des élections nécessitent des explications afin d’éviter les manipulations s’appuyant sur les frustrations des citoyens. Du fait des restrictions en matière de liberté de presse et d’un manque de compétences, ces services d’information demandant analyse et investigation ne sont que peu rendus par les médias congolais.

Les violations en matière de liberté de presse les plus récurrentes se produisent là où les violations des autres droits humains sont les plus sévères : dans l’Est du pays et dans les Kasaï. En effet, les journalistes sont généralement menacés lorsqu’ils rapportent sur des violations flagrantes des droits de l’Homme. De façon significative, les journalistes publiant ou produisant des contenus informatifs sur les violations des droits de l’Homme sont davantage poursuivis que les journalistes qui participent à la propagande pour les partis politiques d’opposition. A cause des restrictions croissantes des libertés publiques, notamment les libertés de presse et d’expression, il devient de plus en plus difficile aux journalistes de faire connaître ces violations, de poursuivre un travail d’investigation et de promouvoir le respect des droits humains. Le manque de connaissance des journalistes sur les questions relatives aux droits de l’Homme est également un frein au partage d’une information vérifiée et pertinente sur ces questions. L’Action proposée a donc pour objectif de renforcer les capacités des étudiants en journalisme en introduisant à la fois les questions relatives aux Droits de l’Homme et les éléments relatifs à l’utilisation des NTIC dans les cursus universitaires (effet de moyen et long terme) et aussi de former des journalistes et membres d’organisations de défense des Droits de l’Homme au journalisme d’investigation, formant une avant-garde d’un journalisme d’investigation en RDC.

Les développements des réseaux internet mobiles et l’augmentation du taux d’équipement en smartphones entrainent un développement exponentiel des usages, notamment via les réseaux sociaux et les applications mobiles. Les médias en ligne et les réseaux sociaux offrent des possibilités de contourner les restrictions actuelles dans l’espace public. Cependant, ces nouveaux outils et ces espaces de liberté ne sont pas encore suffisamment utilisées pour produire une information utile et indépendante pour les citoyens, ni pour améliorer les techniques d’investigation.

En RDC, l’information en ligne et les médias sociaux constituent encore un espace de liberté pour les journalistes, les organisations de la société civile et les défenseurs des droits de l’Homme. Cependant, la situation est fragile car les services de sécurité s’organisent également et les connaissances minimales en sécurité digitale requises restent généralement inconnues des utilisateurs (défenseurs des droits humains, journalistes).  Les nouveaux outils permettent de contourner les restrictions, sécuriser les émetteurs d’information et de renforcer l’accès à l’information du public, notamment sur les violations des droits de l’Homme en RDC.

Dans ce contexte, il est cependant possible de protéger et promouvoir la liberté de presse et d’expression en formant davantage de jeunes journalistes, étudiants sur les droits de l’Homme et sur l’utilisation des nouveaux outils d’information en les faisant collaborer avec les développeurs disponibles pour travailler sur ces questions en RDC. Un renforcement des compétences en marketing digital appuie également cet effort particulier sur la viabilité et la préservation de l’indépendance des médias en ligne. Journalistes et défenseurs des droits de l’Homme doivent être mieux protégés notamment dans leurs communications pour protéger leur indépendance, leurs sources et leur liberté, mais aussi permettre de mettre en place de façon sécurisée des systèmes d’investigation. En effet, la protection des sources (défenseurs des droits de l’homme, lanceurs d’alerte, témoins) est un élément clé des techniques d’investigation permettant une mise en confiance et la protection des sources d’information.

  1. Logique d’intervention

L’objectif général du projet est de promouvoir les libertés d’expression et des médias, de même qu’un accès à l’information indépendante et de qualité, notamment sur les questions relatives aux Droits de l’Homme grâce aux nouvelles technologies de Communication (NTIC).

Trois objectifs spécifiques ont été identifiés :

  1. Renforcer les capacités des étudiants en journalisme, journalistes, bloggeurs et défenseurs des Droits de l’Homme en journalisme web et en utilisation des nouvelles technologies de la communication (NTIC) pour la production d’information indépendante sur les droits de l’Homme ;
  2. Renforcer les compétences en sécurité digitale des défenseurs des droits de l’Homme et des professionnels des médias afin de protéger la liberté de presse et d’expression et l’indépendance des producteurs d’information sur les droits de l’Homme) ;
  3. Promouvoir un journalisme d’investigation sur les questions relatives aux droits de l’Homme.

Le projet cible les étudiants des départements en journalisme des universités participantes au projet (IFASIC, Université de Kinshasa, Université Catholique du Congo, Université Protestante du Congo), les développeurs du LLAB, futurs formateurs seniors en sécurité digitale, le pool de journalistes d’investigation bénéficiaires dans les provinces cibles, les défenseurs des droits de l’Homme des organisations identifiés dans les provinces cibles, notamment ceux du proDDH. De façon générale, ce projet a pour but d’améliorer l’accès des citoyens congolais à une information indépendante pour améliorer la gouvernance démocratique et l’état de droit sur les questions relatives au respect des droits de l’Homme, de la gouvernance économique, de l’environnement et de l’égalité hommes-femmes.

RA.1 : Le renforcement des capacités des journalistes et des étudiants congolais en journalisme et sur l’utilisation des nouvelles technologies de la communication (NTIC) leur permet de traiter les questions relatives aux droits de l’Homme/questions de genre de manière efficace

Activité 1.1 : Définition et mise en place de modules pratiques 1) sur le dispositif légal encadrant l’exercice des libertés de presse et d’expression, 2) sur les droits de l’Homme, et 3) les questions de genre

Activité 1.2 : Définition et mise en place de modules pratiques sur l’utilisation des outils de diffusion de l’information en ligne

Activité 1.3 : Organisation de 5 concours ‘Hackathons’

Activité 1.4 : Organisations de sessions de formation 1) sur le dispositif légal encadrant l’exercice des libertés de presse et d’expression, 2) sur les droits de l’Homme, et 3) les questions de genre

Activité 1.5 : Organisations de sessions de formation sur l’écriture web et pour les médias sociaux

Activité 1.6 : Appui à la publication multimédia (web, radio, print), le Journal du Citoyen sur le processus électoral et les droits humains

RA2 : Les compétences des professionnels des médias et défenseurs des droits de l’Homme sur les questions de sécurité digitale permettent de contourner les restrictions à la liberté de presse et d’expression, de se protéger et protéger leurs sources

Activité 2.1 : Elaboration et mise en ligne d’un module sur les notions de base de sécurité numérique

Activité 2.2 : Elaboration et mise à disposition de kits basiques sur la sécurité digitale aux journalistes et défenseurs des droits de l’Homme

Activité 2.3 : Organisation de sessions de formation de formateurs sur les questions de sécurité digitale

Activité 2.4 : Organisations de sessions de formation à destination des journalistes et défenseurs de droits de l’Homme sur la sécurité digitale

RA3. Les capacités d'investigation sur les questions relatives aux Droits de l’Homme identifiées (violations flagrantes, environnement, lutte contre la corruption), les questions de gouvernance économique et financière et les questions relatives au genre des journalistes congolais sont renforcées

Activité 3.1 : Mise en réseau des organisations de défense des droits de l’Homme et des journalistes formés et intéressés sur les questions relatives aux questions relatives aux Droits de l’Homme identifiées (violations flagrantes, environnement, lutte contre la corruption), les questions de gouvernance économique et financière et les questions relatives au genre

Activité 3.2 : Organisation de sessions de formation sur les questions relatives aux Droits de l’Homme identifiées (violations flagrantes, environnement, lutte contre la corruption), les questions de gouvernance économique et financière et les questions relatives au genre.

Activité 3.3 : Elaboration et mise en place d’un système d’appui au journalisme d’investigation sur les thématiques identifiées

Activité 3.4 : Appui au système de protection des journalistes et de leurs sources mis en place par l’ACAJ

  1. But et objectifs de l’évaluation finale

3.1. Objectifs

Effectuée à la fin de la mise en œuvre du projet, l’évaluation finale poursuivra les objectifs suivants :

i.            L’évaluation aura à dresser dans un premier temps un bilan critique des objectifs du projet : analyse des résultats, d’effets et d’impacts à court et à moyen termes ; Evaluation critique du projet en termes de l’atteinte des objectifs (objectif global, objectifs spécifiques, résultats) tel que précisés dans son cadre logique (sous efficacité)

ii. Dans un deuxième temps, elle procédera à un examen des points clés des modalités de mise en œuvre, des défis et des réussites qui ont induit à des succès ou des échecs afin de permettre l’identification des leçons à retenir et de permettre une capitalisation des acquis

iii.          L’évaluation indépendante aura pour but d’améliorer la conception de futures interventions axées sur la promotion de la liberté d’expression ou un meilleur accès à l’information indépendante via les NTICs.

2.2. Résultats et              livrables attendus

Les résultats de l’évaluation s’adresseront prioritairement à l’équipe du projet (Internews, ACAJ, MILRDC et LLAB), aux contributeurs du projet tels l’Union Européenne en tant que bailleur de fonds, mais vont servir également les groupes cibles impliqués dans le changement, les parties prenantes et enfin toute institution concernée.

 Au terme de la consultation, les principaux livrables à remettre à Internews sont les suivants : 

  • un rapport préliminaire (Inception Report)
  • un rapport final de maximum 35 pages (sans les annexes), suivant une structure agréée

3. Contenu de l’évaluation finale          

3.1. Critères et questions à traiter par l’évaluateur

L’évaluation devra être basée sur les critères définis par l’OECD/DAC, à savoir l’impact, l’efficacité, l’efficience et la viabilité, https://www.oecd.org/fr/cad/evaluation/criteres-cad-evaluation.htm);

Ainsi, la recherche sera développée et axée sur les questions ci‐dessous :  

L’impact et l’efficacité  

  1. Le projet a‐t‐il conduit les activités prévues ? 
  2. A-t-il atteint les résultats attendus ? Plus précisément, quelles sont les évolutions des indicateurs de suivi du projet ?
  3. Quels sont les effets, directs et indirects, positifs et négatifs du projet qui contribuent aux libertés d’expression et des médias, de l’accès à l’information indépendante et de qualité, notamment sur les questions relatives aux Droits de l’Homme grâce aux nouvelles technologies de Communication (NTIC) ?
  4. Perception par les professionnels des médias et les défenseurs des droits de l’Homme sur le niveau d’accès des citoyens congolais à une information indépendante et de qualité, notamment sur les questions relatives aux Droits de l’Homme. Niveau de liberté d’expression des médias. Appréciation des professionnels sur l’utilisation des NTIC dans la production d’information indépendante en RDC ;
  5. Le projet a-t-il permis aux étudiants en journalisme et communication de gagner des compétences en journalisme sensible aux Droits de l’Homme et au genre mais aussi en webjournaliste ?
  6. Le projet a-t-il permis le développement d’outils et d’applications utiles aux organisations de défense des Droits de l’Homme ?
  7. Niveau de compétences des défenseurs des droits de l’Homme et des professionnels des médias, sur la sécurité digitale ;
  8. Niveau de crédibilité du journalisme d’investigation en RDC/ évaluation du travail du pool d’investigation ;
  9. Le processus d’exécution (approche – méthodologie) des activités a –t –elle été efficace ? 

L’Efficience 

1. Les moyens ont‐ils été utilisés de façon optimum (si l’on compare coûts et résultats) ? 

2. Quelle est la valeur ajoutée de l’implantation du projet d’Internews au niveau de la RDC pour le domaine de la liberté d’expression ?   

3. La coordination des activités de mise en œuvre entre les partenaires de l’action est-elle suffisamment pertinente pour être reproduite dans d’autres interventions ? 

La Viabilité 

  1. Dans quelle mesure les changements positifs au niveau de groupes cibles peuvent‐ils perdurer après la fin du programme ?
  2. Les activités menées vont-elles dans le sens de la pérennisation des  acquis  de  l’intervention ?

3.2. Méthodologie de l’évaluation          

  1. Le prestataire est tenu de préparer, présenter et défendre l’approche méthodologique qu’il juge appropriée pour le travail d’évaluation du projet. Cependant, l’évaluateur doit considérer dans sa démarche méthodologique les principes d’éthique et de la rigueur des évidences, les techniques permettant d’analyser les impacts inattendus et d’inclure les aspects genres et sensibilité au conflit.  L’équipe de l’évaluation devra réaliser un certain nombre de Focus groupes et d’entretiens individuels sur Kinshasa (RDC), de consultations des parties prenantes, y compris les bénéficiaires directes et indirectes, les autres parties prenantes du projet, ainsi que le staff de la délégation de l’UE.

4. Organisation et moyens requis pour la conduite de l’évaluation         

4.1. Ressources mises à la disposition du consultant       

Les documents du projet (Proposition, rapports intermédiaires, rapports d’activités et des partenaires, etc.) seront mis à la disposition du consultant. Internews s’occupera et prendra en charge toute la logistique sur le terrain.

4.2. Organisation et calendrier  

L’évaluation devra être organisée en Janvier (une semaine devra être prévue pour la collecte des données).

4.3. Offres techniques et financières

L’évaluateur devra soumettre à Internews par email son offre technique et avec calendrier de mise en œuvre au plus tard le 05 Février 2021.

Les propositions techniques de 8 pages maximum sans annexe devront comprendre :  - Méthodologie proposée ;

  • CV du / des membres de l’équipe d’évaluation
  • Echantillon de rapports d’évaluation de projets
  • Offre financière 
  • Le budget total de  l’évaluation  ne  devrait  pas  dépasser  12,000 EUR (analyse  –  collecte  et  traitement de données – rapport final).  

5. Profil du consultant : 

  • Expertise avérée en évaluation, en termes d’expérience et de références ; 
  • Bonnes connaissances en matière d’évaluation des actions promouvant la liberté d’expression, la protection des journalistes, l’accès à l’information et les nouvelles technologies de l’information ;
  • Expérience probante en matière d’évaluation de projets de médias ;   
  • Expérience dans la conduite d’évaluation de projets de l’Union Européenne  
  • Solide expérience en méthode de collecte et d’exploitation des données qualitatives ;   
  • Expérience pratique de la mise en œuvre des enquêtes en milieux urbain ;   
  • Une maîtrise des logiciels de traitement des données statistiques ;   
  • Excellentes capacités de rédaction, d’analyse et de synthèse en français ;   
  • Bonnes connaissances du contexte en RDC ;
  • Sens de discrétion et de capacité d’écoute ; 
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